Kujô l'implacable tome 14
Shôhei Manabe (Scénario, Dessin)
La loi impose 3€ minimum de frais de port pour les commandes de livres neufs de moins de 35€.
Au delà, les frais de port ne peuvent être gratuits.
Comme nous ne pouvons pas vous offrir les frais de port, nous les offrons à l'association Enfance & Partage qui défend les enfants maltraités.
Toutes les éditions
Retrait en librairie

Détails
Avis et notes

L’arrivée d’Izumo, proche de Kyôgoku, donne immédiatement une autre dimension au récit. À peine sorti de prison, il cherche à comprendre qui a piégé son supérieur. Et quand Izumo commence à fouiller, il ne le fait pas à moitié. Il observe, soupçonne, remonte les pistes et s’intéresse de près à Mibu, jusqu’à faire surveiller les personnes susceptibles de le mener à lui. Ce personnage m’inquiète précisément parce qu’il n’a pas besoin de s’agiter pour devenir menaçant.
Mais c’est l’histoire de Sogabe qui m’a le plus remué. Déjà passé par la prison après avoir endossé une responsabilité à la place d’autres, il retombe dans un engrenage dont il semble incapable de sortir. Sous l’autorité de Momoi, il se retrouve de nouveau exploité, notamment dans des activités criminelles qui dépassent largement le simple petit boulot douteux. Et c’est là que Manabe frappe juste : il ne présente pas seulement des criminels, il montre comment on fabrique des individus disponibles pour le crime.
Ce qui me dérange, c’est que cette mécanique ne repose pas uniquement sur la peur. Il y a aussi l’argent, la promesse d’une protection, le sentiment d’appartenir à un groupe. Momoi sait distribuer juste assez pour maintenir ses hommes sous sa coupe, tout en leur rappelant ce qu’ils risquent s’ils s’en éloignent. Une forme de management toxique poussée jusqu’à sa conclusion la plus sordide.
Je trouve ce regard particulièrement glaçant parce qu’il refuse la facilité du jugement moral. Sogabe a fait des choix, bien sûr. Mais peut-on vraiment parler de liberté lorsque chaque porte de sortie semble déboucher sur une autre forme de dépendance ? Manabe ne cherche pas à l’innocenter. Il nous oblige à regarder ce qui se passe avant que quelqu’un ne devienne définitivement un rouage.
Pendant ce temps, la trajectoire d’Izumo annonce un retour aux rapports de force les plus brutaux. Les deux fils narratifs se répondent : d’un côté, ceux qui imposent leur pouvoir ; de l’autre, ceux qui finissent par payer le prix de leur soumission. Et au milieu, Kujô continue d’évoluer dans cette zone grise où la défense d’un individu ne signifie pas nécessairement que l’on approuve ses actes.
J’aime cette manière qu’a Manabe de faire coexister la mécanique du thriller et une lecture sociale qui ne ressemble jamais à une leçon. Je referme ce tome avec un sentiment assez inconfortable : celui d’avoir vu des personnages s’enfoncer dans une logique dont ils connaissent pourtant le prix. Un volume sombre, poisseux, qui rappelle que dans cet univers, le plus terrible n’est pas toujours le crime lui-même, mais le système qui permet de le reproduire.
La loi impose 3€ minimum de frais de port pour les commandes de livres neufs de moins de 35€.
Au delà, les frais de port ne peuvent être gratuits.
Comme nous ne pouvons pas vous offrir les frais de port, nous les offrons à l'association Enfance & Partage qui défend les enfants maltraités.
























