Berserk - prestige tome 2
Kentaro Miura (Scénario,Dessin,Couleurs)
Guts, le guerrier noir, promène son imposante silhouette de routes en villages. Sur son passage, les cadavres s'amoncellent et il laisse derrière lui des torrents de sang. Le corps vêtu de noir, il porte sur son dos une épée aussi haute qu'un homme. Sur son cou, une marque mystérieuse le condamne à être poursuivi jour et nuit par des démons. Puck, l'elfe facétieux, croise un jour le chemin de cette machine à tuer. Quelles horreurs a-t-il pu connaître pour être animé d'une telle soif de vengeance ? Alors que le monde sombre inextricablement dans le chaos, Guts règle ses comptes avec les forces démoniaques qui resserrent leur emprise sur la destinée des hommes. Une époque s'achève. Manga culte de dark fantasy, Berserk revient dans une nouvelle édition luxueuse, en grand format cartonné, comme l'avait été le Berserk 41 collector. En sus de sa fabrication d'exception, chaque tome reprend deux volumes de l'édition courante et, outre une traduction revue et augmentée, vous offre des pages couleur totalement inédites, qui étaient jusqu'à présent uniquement disponibles dans les archives de l'éditeur japonais.
Ouverture des précommandes le : 4 juin 2025
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Avis et notes

Ce retour vers le passé n’est pas qu’un simple flashback narratif. Il possède une fonction incantatoire : comprendre Guts, c’est remonter le fleuve de ses blessures jusqu’à leur source. L’enfance de Guts est exposée dans une crudité bouleversante, sans artifice, où l’amour, l’innocence ou la sécurité n’ont jamais existé. Il n’a pas été façonné, il a été forgé, à coups de fer, de sang et de silence.
La rencontre avec Griffith bouleverse cet équilibre. Il incarne une beauté glacée, un idéal presque divin. Là où Guts est chair et instinct, Griffith est dessein et contrôle. Le contraste entre eux n’est pas un simple antagonisme : il évoque une tension cosmique entre destin imposé et liberté douloureuse. Miura ne dessine pas des personnages, mais des forces.
Ce tome jette aussi les bases d’une vision profondément tragique de la fraternité. L’entrée dans la Troupe du Faucon, sous ses airs de camaraderie héroïque, cache déjà l’asymétrie des liens, le pouvoir de fascination, la manipulation douce. L’idéal de Griffith, trop pur pour le monde, en devient inhumain. Ce début d’arc rappelle les récits épiques japonais classiques, où la beauté du rêve précède toujours la chute.
La guerre, omniprésente, n’est jamais glorifiée. Miura l’utilise comme décor symbolique pour parler d’ambition, de sacrifice et de solitude. Le champ de bataille est le miroir de l’âme des personnages, et la victoire est toujours teintée de mort. L’âge d’or, dans Berserk, n’est qu’une illusion fragile — un mirage avant l’enfer.
Ce deuxième tome, en somme, ne fait pas que raconter : il installe. Il plante les racines d’une tragédie monumentale, où chaque éclat de lumière annonce une ombre plus noire encore. C’est ici que le lecteur cesse d’assister et commence à ressentir, dans sa chair, le poids du destin.


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