The Fable tome 22
Katsuhisa Minami (Scénario,Dessin)
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Avis et notes

Ce qui frappe particulièrement, c’est la maîtrise du suspense : on sait que les enjeux sont énormes, mais le manga prend soin de poser le contexte — vue des alliances, des trahisons, des loyautés — ce qui rend chaque coup porté, chaque hésitation, aussi important que le combat lui-même. Minami ne se contente pas de scènes d’action : il valorise aussi les silences, les doutes, les regards, ce qui donne au récit une dimension plus introspective que l’on pourrait attendre d’un simple thriller de yakuzas.
Les scènes de groupe — Yamamoto et ses partisans, Azami, Yuukari, etc. — sont bien articulées, chacun ayant sa place, chacun apportant sa nuance. On ne tombe pas dans l’omniprésence de l’ultra violence gratuite ; la violence est ici le vecteur dramatique principal, mais elle est dosée pour servir le personnage et ses dilemmes.
Le personnage d’Akira est l’axe central, et ce tome creuse habilement sa dualité : tueur implacable, abandonnant peu à peu l’idée d’être uniquement une machine, oscillant entre devoir, loyauté, et sa propre conscience. Le fait qu’il fasse face à plusieurs adversaires en même temps ne le rend pas simplement surhumain : cela révèle ses failles, les limites que lui-même pressent, et ce combat final lui permet aussi une forme de catharsis.
Parmi les personnages secondaires, Yamamoto se révèle plus complexe qu’un antagoniste monolithique : son obsession, sa fierté, ses propres idéaux, tous ces éléments rendent son affrontement contre Akira plus qu’une simple opposition, mais un choc idéologique. Azami et Yuukari aussi ont leur moment pour exister, et leurs actions ne sont pas juste des catalyseurs pour Akira, mais des reflets, des contrepoints.
Sur le plan du scénario, Minami réussit à refermer de nombreuses intrigues tout en ouvrant des pistes pour la suite. Ce tome ne laisse pas un sentiment d’achèvement creux ; au contraire, il installe avec élégance ce qui pourrait venir après, tout en donnant satisfaction à ceux qui désiraient voir le conflit arriver à son terme.
Si l’on devait formuler une réserve, elle concernerait peut-être la rapidité de certaines résolutions : certains personnages voient leur sort se décider soudainement, parfois avec moins de transitions internes. Mais cela semble être le prix à payer pour maintenir le rythme et éviter des longueurs dans ce final.
Ce dernier opus de The Fable est à la hauteur du mythe qu’il s’était construit : un crescendo dramatique maîtrisé, des personnages forts jusque dans l’ombre, un style graphique qui sert le récit, et une fin qui donne à la fois une clôture et une ouverture. Une œuvre marquante, qui confirme la place de Minami dans les auteurs de seinen capables de mêler action, psychologie, et émotion.


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