Les aigles de Rome tome 6
Enrico Marini (Scénario,Dessin,Couleurs)
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Avis et notes

Passée l'intrigue qui sent le réchauffé (même si c'est basé, apparemment, sur des faits historiques), je me suis longuement attardé sur le dessin qui est moins abouti que pour les tomes précédents (Marini est carrément à son summum dans le Livre V). Paresse ? Coup de mou ? Manque de motivation ?
Il semblerait que cela ressemble fortement à ce syndrome bizarre que je remarque, depuis fort longtemps, concernant les "vieux de la vieille" qui semblent sombrer dans une espèce de monotonie ambiante, leur faisant perdre ce goût du détail, du travail accompli dans l'effort ; ce syndrome qui s'apparente fort à une espèce de "bâclage" (oui, c'est vrai : le mot est un peu trop fort, mais résume bien mes pensées) et qui atteint, comme je l'ai dit, bon nombre d'artistes de renommée : Juan Gimenez pour sa série des méta-Barons ou même Hermann dont le graphisme, avec le temps, a perdu de sa superbe et n'a plus rien à voir avec le style flamboyant de "Comanche" ou "Bernard Prince". La vieillesse ?
Mais, bon, je n'ai quand même pas boudé mon plaisir à lire cette suite. À suivre...
Passée …


Côté dessin, j'ai également ressenti un trait plus brouillon et moins chirurgical que dans les tomes précédents, avec des cases moins riches en détails.
Bref, je suis sorti de ma lecture plutôt très déçu, d'autant que les Aigles de Rome est je pense ma série BD préférée.
Puis je suis allé me coucher...
Le lendemain, un peu contrarié, je me suis dit que j'avais peut-être été trop dur avec l'album.
Après 6 ans d'attente, et après avoir relu une bonne dizaine de fois les 5 premiers tomes, comment ne pas en attendre trop d'une BD qui se lit en moins d'une heure ? Bref, je me suis mis sur mon canapé et j'ai réouvert les Aigles de Rome tome 6.
Et là, la magie de Marini... J'ai été complétement happé par cet univers que j'aime tant. J'ai adoré l'intrigue que j'ai trouvé toujours aussi riche et intéressante. Et j'ai retrouvé tout le plaisir que j'avais à suivre Marcus et Arminius.
Côté dessin, je maintiens que le trait de Marini est un peu moins précis que dans les tomes précédents, mais il est peut-être aussi plus graphique qu'auparavant, plus brut. Marini est un dieu de l'Olympe en matière d'illustration. Sa mise en scène et son style ne cesseront jamais de m'émerveiller, et de me donner envie de sortir mes propres crayons.
Un maître absolu.
Pour conclure, je dirais que cet album est un tome de transition. Ce qui peut aussi expliquer le ressenti de la première lecture. Mais ne vous méprenez pas, c'est un excellentissime tome de transition. Les enjeux sont là, la tension aussi, et les éléments sont en place pour nous offrir par la suite le sprint final grandiose que cette série mérite.
Ave Enrico !
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