Wild strawberry tome 7
Ire Yonemoto (Scénario,Dessin)
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Avis et notes

Ce changement d’échelle fonctionne plutôt bien dans un premier temps. Le sentiment d’urgence est constant, et l’auteur retranscrit efficacement l’impression d’un monde déjà condamné. Les survivants ne combattent plus réellement pour gagner, mais simplement pour empêcher l’extinction immédiate de l’humanité. Cette tonalité désespérée donne au volume une tension différente des précédents tomes, plus militaires et structurés.
Le manga conserve également sa principale qualité : son identité visuelle. Yonemoto continue de proposer des planches extrêmement détaillées où les fleurs humaines envahissent littéralement l’espace. Les formes végétales restent magnifiques et dérangeantes à la fois, avec une vraie personnalité graphique. Même dans ses scènes les plus confuses, Wild Strawberry garde une puissance esthétique rare pour une première série.
Sur le plan émotionnel, le tome recentre intelligemment son propos sur Kingo et Kayano. Le récit rappelle que derrière le chaos et les mutations, l’histoire reste avant tout celle d’un frère refusant d’abandonner sa sœur. Certaines scènes touchent justement parce qu’elles restent simples au milieu de cette apocalypse organique. Le manga évite aussi de réduire totalement les fleurs humaines à des monstres dénués d’émotion.
Cependant, cette conclusion laisse une impression plus mitigée une fois la lecture terminée. Le rythme devient très accéléré après la destruction de la brigade. Plusieurs personnages secondaires disparaissent rapidement alors qu’ils semblaient encore avoir un rôle important à jouer. Certaines idées autour de Kuroyuri ou du fonctionnement des fleurs humaines paraissent seulement esquissées. Le dernier affrontement possède de vrais moments forts, notamment dans sa dimension tragique, mais il manque parfois de respiration. On sent que l’auteur cherche à conclure tous les enjeux en peu de chapitres, ce qui donne au volume une sensation de compression narrative.
Ce n’est pas une mauvaise fin pour autant, mais plutôt une conclusion qui semble moins ample que ce que la série promettait au milieu de son parcours. Ce tome final reflète finalement assez bien Wild Strawberry dans son ensemble : une œuvre imparfaite mais sincère, portée par une imagination visuelle remarquable et une vraie sensibilité mélancolique. Même si cette conclusion peut sembler un peu précipitée, elle conserve suffisamment d’émotion et de personnalité pour laisser une impression durable.

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