Sou Bou Tei tome 12
Kazuhiro Fujita (Scénario, Dessin)
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Avis et notes

Pas parce qu’il serait moins spectaculaire. Au contraire : Fujita y délaisse presque le grand barnum horrifique pour s’attarder sur ce qui a fabriqué le monstre.
Benio se retrouve seule face à Deido, prisonnière de ses souvenirs autant que de la demeure.
Et ce face-à-face devient vite autre chose qu’une simple séquence de torture ou de révélation.
Deido lui montre son passé, celui de Yutaro, gamin hypersensible dont la perception du monde passe par les sons, les couleurs et les images.
Mais surtout, il y a Shinobu.
Une sœur adorée, protectrice, qui encourage son frère à dessiner malgré les humiliations et les brimades.
Puis quelque chose se fissure.
L’arrivée du peintre Tsukihashi Eiza transforme progressivement Shinobu, jusqu’à faire d’elle une présence presque méconnaissable aux yeux de Yutaro.
C’est là que Fujita frappe juste : Deido n’est pas présenté comme un monstre né monstrueux.
Il est le résultat d’une accumulation de blessures, de frustrations et d’un amour qui finit par se transformer en haine.
Et plus son passé se dévoile, plus son comportement présent devient dérangeant.
On comprend mieux sa fascination maladive pour la peinture, son obsession de créer une œuvre capable de bouleverser celui qui la regarde.
Pendant ce temps, l’histoire ne se repose pas sur ce flashback.
Takahâ et les autres progressent vers les profondeurs de Sou Bou Tei, tandis que les morts creusent leur fameux « ankyo ».
Shinoya et les militaires contrôlés par la demeure offrent une nouvelle opposition, avec cette sensation permanente que Sou Bou Tei possède encore plusieurs cartes cachées.
C’est d’ailleurs ce contraste qui fait fonctionner le volume : l’intime et l’apocalyptique avancent simultanément.
J’ai particulièrement aimé la manière dont Fujita fait du passé de Deido quelque chose de presque plus terrifiant que les créatures de la maison.
Pas besoin de tentacules ou de transformations pour mettre mal à l’aise.
Un enfant qui voit peu à peu disparaître la personne qu’il aime suffit largement.
Le dessin, lui, accompagne cette descente avec une brutalité parfois franchement inconfortable.
Certaines expressions de Shinobu restent en tête, précisément parce qu’elles ne cherchent jamais à être jolies.
Ce tome est donc moins un chapitre de transition qu’une véritable autopsie de Deido.
Et lorsqu’on referme le livre, le personnage n’est pas devenu plus sympathique.
Il est devenu beaucoup plus tragique.
Sou Bou Tei continue ainsi de brouiller sa frontière entre horreur surnaturelle et horreur profondément humaine.
Et franchement, c’est quand Fujita revient à cette dimension-là que sa série me paraît la plus inquiétante.
Pas parce qu’il serait moins spectaculaire. Au contraire : Fujita y délaisse presque le grand barnum horrifique pour s’attarder su…
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