Smile ! tome 7
Hattori Mitei (Scénario, Dessin)
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Avis et notes

Le retour de Megumi devait pourtant représenter un moment clé de la série. Sur le papier, les retrouvailles avec Kamome possèdent une vraie force dramatique. Le problème, c’est que Hattori étire énormément ces échanges à travers de longs flashbacks qui finissent par diluer l’impact émotionnel. Chaque discussion semble interrompue par une nouvelle plongée dans le passé ou par des scènes symboliques parfois trop abstraites pour réellement renforcer le propos. À force de revenir constamment sur les traumatismes et les manipulations psychologiques des personnages, le manga donne surtout l’impression de recycler plusieurs fois les mêmes idées.
Cette structure très fragmentée crée une lecture assez confuse. On comprend l’intention de l’auteur : montrer des personnages mentalement brisés, prisonniers de leurs souvenirs et de l’influence de la secte. Mais à plusieurs reprises, le récit devient inutilement opaque. Certaines transitions sont abruptes, certains dialogues semblent volontairement mystérieux sans véritable nécessité, et le tome finit par perdre une partie de la tension qui faisait la force des débuts.
Le plus frustrant reste probablement le traitement de la secte elle-même. Depuis plusieurs volumes, Smile! construit une atmosphère inquiétante autour de cette organisation, mais ce tome continue surtout d’entretenir le flou sans apporter énormément d’éléments concrets. Le manga accumule les scènes de malaise, les sourires figés et les regards inquiétants, mais l’impression de progression reste limitée. Hattori privilégie constamment l’ambiance au détriment de l’avancée narrative.
Graphiquement, le manga reste solide. Les visages déformés par ces sourires artificiels conservent une vraie puissance dérangeante et certaines scènes installent encore un sentiment d’oppression très efficace. Le problème est que cette esthétique commence elle aussi à devenir répétitive. Là où elle surprenait dans les premiers tomes, elle paraît ici parfois utilisée de manière automatique pour maintenir artificiellement le malaise.
Le tome souffre également d’un certain déséquilibre dans son rythme. Certaines scènes s’étirent énormément alors que d’autres développements importants sont expédiés en quelques pages. Cette impression de flottement renforce l’idée que la série peine un peu à savoir où elle veut réellement emmener son intrigue. La dernière partie du volume donne même presque le sentiment d’un récit qui cherche avant tout à repousser les réponses pour prolonger le mystère.
Cela ne rend pas le tome mauvais pour autant. Smile! conserve une vraie capacité à créer une atmosphère malsaine et psychologiquement pesante. Mais ce septième volume marque aussi les limites de cette approche. À force de privilégier les flashbacks, les non-dits et les scènes volontairement ambiguës, le manga finit par perdre en clarté et en impact émotionnel. Un tome intéressant par son ambiance, mais frustrant dans sa narration, qui donne parfois davantage l’impression d’entretenir le brouillard que de réellement approfondir ses personnages ou son intrigue.

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