Une fille atypique tome 12
Souhachi Hagimoto (Scénario) |
Renji Morita (Dessin)
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Avis et notes

Là où beaucoup de mangas cherchent un point final spectaculaire, Sôhachi Hagimoto et Renji Morita choisissent au contraire la continuité de la vie.
Le récit débute pourtant dans une atmosphère lourde avec l’enterrement du père de Megumi, moment qui ravive les blessures familiales et les années de violence enfouies.
La confrontation avec son frère agit comme un rappel brutal : certaines cicatrices ne disparaissent jamais totalement.
Mais le manga refuse le règlement de comptes dramatique.
Il préfère montrer des êtres fatigués qui tentent maladroitement de continuer à avancer.
Cette retenue donne au tome une force rare.
Les discussions à Yonago avec Madoka Ogura prolongent d’ailleurs cette idée.
Le personnage, longtemps associé au harcèlement et à la culpabilité, apparaît ici plus humain, presque brisé lui aussi.
Le manga refuse les figures entièrement monstrueuses ; chacun porte ses propres fractures.
La grande réussite de ce volume reste néanmoins la relation entre Megumi et Taku.
Leur quotidien semble banal — travail, repas, fatigue, conversations hésitantes — mais c’est précisément dans cette banalité que le récit devient bouleversant.
Quand Megumi commence son nouveau travail d’intérim avec Akagawa, une tension discrète s’installe.
L’homme se montre ambigu, insistant, parfois inquiétant sans jamais tomber dans la caricature.
Hagimoto décrit avec beaucoup de justesse la difficulté qu’a Megumi à interpréter les intentions sociales derrière les mots ordinaires.
Le malaise est constant, presque étouffant.
Le tome 12 impressionne surtout par sa sincérité.
Contrairement à de nombreuses œuvres traitant du TSA, Une fille atypique ne cherche jamais à transformer Megumi en génie incompris ou en mascotte attachante.
Le manga montre une femme vulnérable, parfois épuisante, parfois violente envers elle-même, mais profondément humaine.
Cette honnêteté explique sans doute pourquoi la série a été si commentée sur les forums japonais consacrés à Asper Kanojo.
Graphiquement, Renji Morita accentue encore le poids émotionnel des silences.
Les regards vides, les pauses inconfortables et les corps immobiles racontent souvent davantage que les dialogues.
Certaines scènes paraissent presque suspendues hors du temps, comme si les personnages craignaient qu’un mot de trop fasse s’écrouler leur fragile équilibre.
La conclusion du manga est remarquable parce qu’elle refuse le miracle.
Megumi et Taku ne sont pas “guéris”.
Ils ne triomphent pas du monde.
Ils apprennent simplement à vivre un jour de plus ensemble.
Et cette absence de faux optimisme rend la dernière page infiniment plus émouvante qu’une fin spectaculaire.
Une fille atypique s’achève ainsi comme elle a toujours vécu : dans la douleur, la tendresse et une immense volonté de rester en vie malgré tout.
Là où beaucoup de mangas cherchent un point final spectaculaire, Sôhachi Hagimoto et Renji Morita choisissent au contraire la conti…
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