Saru tome 1
Daisuke Igarashi (Scénario, Dessin)
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Avis et notes

Il nous attrape plutôt par le col et nous balance dans un monde où mythologie, religion et apocalypse commencent doucement à se mélanger.
Au départ, Nana pourrait presque passer pour une héroïne de thriller fantastique assez classique.
Étudiante japonaise en France, elle découvre qu’elle est victime d’un maléfice dont elle ignorait absolument tout.
Puis arrive Namgyal, moine bhoutanais et danseur traditionnel, capable de comprendre immédiatement ce qui lui arrive.
À partir de là, le récit quitte progressivement le terrain du simple surnaturel.
Car derrière le sortilège de Nana se cache la trace d’une présence beaucoup plus ancienne : le « singe ».
Une créature dont l’ombre semble traverser les époques, les cultures et les croyances.
Et Igarashi adore justement cette idée d’un même cauchemar ayant pris mille visages au fil de l’Histoire.
Le passage consacré à Irène marque un vrai tournant dans le volume.
Cette gamine qui affirme être Son Goku pourrait facilement provoquer le sourire.
Ici, elle met surtout franchement mal à l’aise.
Lorsqu’un exorciste officiel du Vatican entre dans la danse, Saru assume pleinement son mélange improbable de mysticisme, d’horreur et d’aventure.
Et c’est là que le manga devient vraiment fascinant.
Igarashi ne cherche jamais à rendre son univers parfaitement confortable ou parfaitement explicable.
Ses personnages avancent dans un brouillard de signes, de légendes et de phénomènes qu’ils comprennent à peine eux-mêmes.
Le dessin participe énormément à cette sensation : son trait organique donne aux apparitions quelque chose de presque vivant, comme si elles débordaient des cases.
J’aime particulièrement cette manière de faire monter la menace sans forcément avoir besoin de multiplier les effets spectaculaires.
Un regard, une posture ou une présence silencieuse peuvent devenir plus inquiétants qu’un véritable monstre.
Le problème, forcément, c’est que Saru demande au lecteur de s’accrocher.
La première moitié peut sembler dispersée, voire franchement obscure, avant que les pièces commencent à se rapprocher.
Mais une fois le déclic arrivé, impossible de ne pas vouloir comprendre jusqu’où Igarashi compte pousser son délire.
Ce premier tome ressemble finalement moins à une histoire de singe qu’à l’ouverture d’une gigantesque porte sur quelque chose que l’humanité aurait probablement préféré laisser fermée.
Et vu la dernière impression laissée par le volume, je suis clairement de ceux qui vont pousser cette porte.
Il nous attrape plutôt par le col et nous balance dans un monde où mythologie, religion et apocalypse commencent doucement à se mélanger.
Au départ, Na…
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