Designs tome 5
Daisuke Igarashi (Scénario,Dessin)
L'histoire se concentre sur les soi-disant " Animaux humanisés " (AH),des hybrides génétiquement modifiés entre l'homme et l'animal qui possèdent des capacités physiques extraordinaires. Ils font preuve de leur valeur lorsqu'ils sont envoyés sur les scènes de massacres pour réaliser les ambitions d'autres personnes. Le but de leur création est lié à un grand plan pour l'avenir de l'humanité.
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Avis et notes


L’une des grandes réussites de ce dernier tome réside dans le refus constant d’une opposition simpliste entre bien et mal. Les chercheurs ne sont jamais présentés comme de simples savants fous, et les créatures créées artificiellement ne cherchent même plus à être acceptées par les humains. Elles semblent déjà appartenir à un autre ordre du vivant, régi par des instincts, des perceptions et une logique qui échappent totalement à notre compréhension. Cette idée traverse tout le volume et crée un sentiment d’inquiétude permanent, comme si la nature observait silencieusement l’humanité reprendre la place qu’elle n’aurait jamais dû quitter.
Daisuke Igarashi insiste particulièrement sur les sensations physiques et animales : les odeurs, les réflexes, les pulsations ou encore les perceptions instinctives occupent une place centrale dans la narration. Ce travail sur les sens donne au manga une dimension presque biologique, où chaque espèce possède sa propre manière d’habiter le monde. Le lecteur finit alors par ressentir la même perte de repères que les personnages humains, incapables de comprendre pleinement ce qui est en train d’émerger sous leurs yeux.
Graphiquement, ce tome final est sans doute le plus impressionnant de la série. Les corps semblent se fondre dans les décors, les visages changent subtilement d’expression d’une case à l’autre et certaines planches donnent l’impression d’assister à un rêve organique en pleine mutation. Igarashi crée des créatures à la fois fascinantes et dérangeantes, sans jamais tomber dans la simple démonstration esthétique. Son dessin conserve une dimension brute qui renforce encore l’étrangeté du récit.
La conclusion choisit volontairement l’ambiguïté et refuse toute résolution spectaculaire. Designs ne se termine ni par une victoire humaine ni par une catastrophe clairement définie, mais par l’idée qu’une transformation irréversible est déjà en cours. Cette fin froide et presque cosmique correspond parfaitement à l’esprit de la série, où l’évolution du vivant a toujours compté davantage que le destin individuel des personnages. Avec ce dernier tome, Daisuke Igarashi livre une œuvre de science-fiction singulière, dérangeante et ambitieuse, qui laisse durablement l’impression que l’humanité n’est peut-être plus au centre du monde.


















