Le rapport W

Gaétan Nocq (Scénario,Dessin,Couleurs)

4.15/5
Parution 23 mai 2019
Pages 264
Genre BD Historique
Éditeur DANIEL MAGHEN
Résumé
Sur 250 pages, le récit véridique de Witold Pilecki, capitaine de cavalerie, membre de l'armée secrète polonaise, qui se laisse volontairement interner au camp d'Auschwitz en septembre 1940 sous la fausse identité de Tomasz Serafinski. Sa mission : organiser dans le camp un réseau de résistance - il réussira à regrouper plus de 300 membres - pour créer un soulèvement. Mais l'aide extérieure nécessaire à la réussite de sa mission ne viendra pas. Menacé d'être démasqué par les SS, il s'évade du camp en avril 1943. Pendant ces 948 jours d'enfer, Witold rédigera plusieurs rapports pour l'armée secrète polonaise en attendant, en vain, l'ordre du soulèvement. Il fait partie des premières personnes à avoir informé les alliés des conditions de détention et des atrocités commises à Auschwitz. Nous tenons beaucoup à ce projet. Le sujet, terrible, est traité avec beaucoup d'intelligence, de subtilité, et de légèreté, comme pouvait l'être le Maus de Spiegelman. C'est à la fois un document historique et un thriller passionnant à lire. Gaëtan Nocq s'appuie sur la posture de Witold Pilecki qui, en introduction de son rapport précisait de décrire seulement les faits bruts. C'est toute la valeur du témoignage qui est mise en scène dans ce roman graphique. Son point de vue se situe à hauteur d'homme. Comme un reportage. Il se focalise sur le parcours de Witold alias Tomasz infiltré dans le camp pour une mission de résistance. Un homme concentré sur sa mission secrète mais aussi sur sa propre survie. Suivre le personnage dans cette mission d'espionnage qui apparait bien impossible dans ce contexte de terreur. Mais l'espoir est là, même infime et Witold fait tout pour trouver la faille. C'est un huis-clos avec ses porosités, ses ouvertures. C'est un voyage dans monde à part, déshumanisé par ses maîtres mais pas par ses esclaves.

Détails

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Avis et notes

4,15 6 notes
5 étoiles 50%
4 étoiles 33%
3 étoiles 0%
2 étoiles 17%
1 étoile 0%
Un récit rare mais un peu fastidieux
Un récit rare mais un peu fastidieux Publié le
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2/5
Cette bande dessinée raconte un aspect méconnu de la seconde guerre mondiale : l’espionnage dans les camps de concentration. Witold Pilecki, officier de l’Armée secrète polonaise, décide d’infiltrer le camp d’Auschwitz en septembre 1940, sous l’identité de Tomasz Serafinski. Son objectif : monter un réseau de résistance afin d’organiser le soulèvement du camp, sans se douter de l’enfer qui l’attendait.

Il arrive parfois qu’une œuvre déçoive, et quand les attentes sont grandes, cette déception est d’autant plus forte. L’auteur, Gaétan Nocq, n’a pourtant pas ménagé ses efforts pour donner un écho à cette histoire vraie, se rendant même sur le site d’Auschwitz pour s’imprégner du lieu et en reproduire les sensations à travers ses pinceaux. Le projet est d’une nature réellement artistique, quasi expérimentale, bien éloigné des canons habituels de la BD, et c’est aussi cela que l’on recherche face à une production toujours pléthorique.

En décrivant de façon clinique le quotidien de l’espion polonais Witold Pilecki au sein du camp d’Auschwitz, Gaétan Nocq a fait preuve d’un minimalisme tout à fait adapté aux conditions de vie très spartiates des prisonniers, avec des pastels monochromes balayant une gamme de couleurs variées au fil des pages du gris au bleu en passant par le rouge-orangé. On est parfois plus dans la peinture que dans la BD, et certaines planches laissent entrevoir de façon convaincante le talent de l’artiste. Là où le bât blesse, c’est sur le plan de la narration, qui apparaît quelque peu en décalage par rapport au parti pris artistique. A ce titre, les visages, dilués sous les couleurs, sont assez peu expressifs et pas suffisamment différentiables les uns des autres, ce qui pose un vrai problème étant donné le grand nombre de protagonistes — et le fait que notre espion porte deux noms (le sien et son nom d’espion) n’arrange rien à l’affaire… Tout cela finit par perdre le lecteur, qui finit par se contrefoutre du sort des personnages et de l’issue de l’intrigue, d’autant que le récit reste globalement assez monotone. Le cadrage, plutôt digne d’intérêt, ne suffira hélas pas à tempérer cette impression.

Et là on peut se demander si le parti pris artistique était vraiment justifié. Originalité ne veut pas forcément dire qualité, et dans le cas présent, il faut se rendre à l’évidence, « Le Rapport W » n’est pas un projet suffisamment abouti, malgré toute la bonne volonté de l’auteur. Notons que le livre est augmenté d’une postface assez consistante d’Isabelle Davion, historienne et maîtresse de conférences à la Sorbonne, certainement utile pour ceux qui auront été déroutés par la narration — et de quelques jolies aquarelles de Gaétan Nocq.
Cette bande dessinée raconte un aspect méconnu de la seconde guerre mondiale : l’espionnage dans les camps de concentration. Witold Pilecki, officier de l’Armée secrète polonaise, décide d’infiltrer le camp d’Auschwitz en septembre 194…
J. Milette
J. Milette Publié le
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4/5
Une belle réussite, un album cohérent où le sujet, le texte, le dessin et les couleurs convergent habilement.
Damien Canteau
Damien Canteau Publié le
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4/5
Gaétan Nocq décrit aussi l’univers concentrationnaire avec son système pyramidal, inhumain et meurtrier. Point central de l’épuration et de la Solution finale, il faut admirablement dépeint par Primo Levi dans Si c’est un homme mais aussi par d’autres survivant.e.s. Ainsi Le rapport W est d’une grande valeur historique par la description des lieux, des faits et des hommes qui composent Auschwitz.
Gaétan Nocq décrit aussi l’univers concentrationnaire avec son système pyramidal, inhumain et meurtrier. Point central de l’épuration et de la Solution finale, il faut admirablement dépeint par Primo Levi dans Si c’est un homme mais au…

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