Kagurabachi tome 5
Takeru Hokazono (Scénario, Dessin)
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Avis et notes

Dès les premières pages, l’affrontement contre Kyôra dans la chambre forte crée une tension presque insoutenable. Le style graphique, déjà spectaculaire, s’intensifie : les ombres, les textures du fer des sabres, les éclats de lumière sur le métal, tout cela sert à rendre palpable le malaise et l’effort. Le découpage est plus audacieux : certaines cases isolées ou doubles pages ralentissent légèrement le rythme pour mieux frappé; cela permet de mieux ressentir la fatigue, la douleur, les hésitations. Le lecteur est presque projeté au cœur de la forge — de la forge des sabres, mais aussi de l’âme de Chihiro.
Chihiro lui-même évolue : on le voit à la fois plus vulnérable et plus déterminé. Récupérer Enten est un moment attendu, certes, mais la manière dont Hakuri intervient, ou comment Chihiro doit choisir entre libération de prisonniers et affrontement direct, souligne qu’il n’est plus seulement le héros sidéré par sa colère — il prend conscience des répercussions de ses actes. Ce dilemme interne est ce qui donne au tome 5 son poids dramatique.
Par ailleurs, l’introduction plus poussée de la tradition du Rakuzaichi, vieille de deux siècles, apporte une dimension historique intéressante. Ce n’est plus seulement une guerre contre les sorciers ou les antagonistes immédiats : c’est aussi la question du poids du passé, des traditions et de comment ce passé façonne le présent. L’opposition entre modernité et coutumes anciennes gagne ici en clarté, et influence activement les choix des personnages.
L’ennemi Kyôra en particulier est bien plus qu’un simple adversaire : ses motivations, ses doutes occasionnels, et les zones grises suggérées dans ses décisions rendent les confrontations plus crédibles, moins manichéennes. On ressent l’intention de Hokazono de construire des antagonistes qui ne soient pas juste des obstacles pour le héros, mais des miroirs de ce que Chihiro pourrait devenir.
Toutefois, si ce volume brille sur beaucoup d’aspects, quelques scènes d’action, très spectaculaires, sont parfois un peu difficiles à suivre du point de vue spatial — les enchaînements se succèdent avec tellement de rapidité que l’œil perd parfois le fil. Mais cela reste mineur face à l’intensité globale.
En fin de compte, le tome 5 de Kagurabachi confirme que la série est plus qu’une promesse. C’est un manga qui assume ses contrastes : la brutalité des combats, la froideur de certains antagonistes, mais aussi les moments d’introspection et de doute. Pour les fans du genre, c’est sans doute l’un des meilleurs volumes jusqu’ici — celui qui transforme le récit, jusqu’ici solide, en quelque chose de vraiment marquant.

Le dessin s’impose par son découpage précis et sa maîtrise des ombres. L’écriture gagne en maturité, approfondissant les motivations et la symbolique des armes.
Un shōnen déjà marquant.
Le dessin s’impose par son découpage précis et sa maîtrise des ombres. L’écriture gagne en maturité, appro…

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