Cité irréelle

3.8/5
Parution 11 sept. 2019
Pages 104
Genre BD Indépendante
Éditeur TANIBIS
Résumé
Cité irréelle rassemble cinq histoires où il est question de passion et de haine, d'amour et de cruauté, d'hommes et de femmes jouant au chat et à la souris, cinq histoires déstabilisantes où, comme dans un film de David Lynch, les apparences sont souvent trompeuses. L'auteur s'amuse à plonger ses personnages tourmentés dans un univers mouvant, plein de chausse-trappes. Pour retranscrire les émotions complexes et parfois contradictoires qu'ils ressentent, il met en oeuvre des structures narratives sophistiquées. Il construit ainsi un des récits comme un ruban de Moebius, donne à un autre une structure en miroir, il alterne les points de vue et multiplie les faux-semblants tout en restant toujours assez clair pour ne pas perdre le lecteur. Le graphisme de Bryant impressionne nos rétines par sa finesse, sa précision et sa diversité. Son trait n'est pas sans rappeler celui de Daniel Clowes (influence revendiquée, puisque celui-ci sert de modèle à un personnage), mais aussi celui de Steve Ditko ou encore des cartoons Hanna-Barbera. Cité irréelle est le premier livre de l'auteur américain DJ Bryant, diplômé de l'Art Institute de Seattle.

Détails

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Avis et notes

3,80 5 notes
5 étoiles 20%
4 étoiles 40%
3 étoiles 40%
2 étoiles 0%
1 étoile 0%
Laurent
Laurent Publié le
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3/5
Pénétrer au cœur de cette « Cité irréelle » est un voyage perturbant. Sous une apparence familière, cette ville, double d’un New York issu d’une réalité parallèle, nous montre une galerie de personnages en train de se débattre dans des relations amoureuses tortueuses, où les jeux de miroir jettent des reflets inquiétants sur les vies les plus ordinaires.

De ces courtes histoires où la trivialité du quotidien s’affronte à un onirisme sombre, l’une se détache en particulier et laisse le lecteur sonné : « Evelyn Dalton-Hoyt », le portrait d’un couple où adultère, sexe, folie et cruauté se livrent à une sarabande saisissante, battant en brèche toute velléité d’adopter une grille de lecture unique. Les autres récits nous jouent également de drôles de tour, comme pour nous faire perdre nos repères les plus rassurants, à travers des labyrinthes mentaux parfois abscons mais toujours fascinants. Des labyrinthes lynchiens où surgissent de nulle part des visages grimaçants pour s’évanouir l’instant d’après.

D. J. Bryant, auteur américain encore inconnu en France et repéré par les éditions Tanibis, s’inscrit dans cette veine pseudo-réaliste où l’étrange aime à s’immiscer, qu’on pourrait nommer l’école Burns-Clowes, avec des personnages figés dans un quotidien terne et désabusé mais toujours en quête d’un ailleurs indicible. Bryant possède de la finesse dans son trait, avec une belle maîtrise du noir et blanc, à l’instar du maître précité, Charles Burns. Un auteur à retenir, incontestablement.
Pénétrer au cœur de cette « Cité irréelle » est un voyage perturbant. Sous une apparence familière, cette ville, double d’un New York issu d’une réalité parallèle, nous montre une galerie de personnages en train de se débattre dans des…
M. Ellis
M. Ellis Publié le
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5/5
Au-delà des références, le prodige américain D.J. Bryant ouvre des failles, casse notre univers linéaire, crée une atmosphère fascinante et flippante, vertigineuse par sa créativité sans limite mais toujours lisible. Compositions circulaires, découpages « cassés » d’une minutie folle viennent au plus près traduire le tourment de personnages paumés. Comme au bord de l’abîme, on est prêt à dégringoler mais le réel finit toujours pas vous rattraper pour vous faire douter de tout. La BD aussi comme l’espace du fantasme. On y parle amour, sexe et sentiments pour un mélange hypnotique. Osez vous perdre dans ces gouffres, l’expérience est à ce prix.
Au-delà des références, le prodige américain D.J. Bryant ouvre des failles, casse notre univers linéaire, crée une atmosphère fascinante et flippante, vertigineuse par sa créativité sans limite mais toujours lisible. Compositions circu…
Yoann
Yoann Publié le
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3/5
D.J. Bryant s’amuse avec le lecteur, il prend un malin plaisir à le heurter à le faire réfléchir et à le balader dans le temps de ces histoires irréelles. Les dessins sont magnifiques. Quatre histoires sur 5 sont en noir et blanc avec un graphisme impeccable où il joue sur les profondeurs de ses noirs et les regards troublants de ses personnages. Si vous aimez être bousculé, relire plusieurs fois une histoire pour vraiment la comprendre et que les scènes réservées aux adultes ne vous gênent pas alors cette lecture est pour vous.
D.J. Bryant s’amuse avec le lecteur, il prend un malin plaisir à le heurter à le faire réfléchir et à le balader dans le temps de ces histoires irréelles. Les dessins sont magnifiques. Quatre histoires sur 5 sont en noir et blanc avec …

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