Shibatarian tome 5
Katsuya Iwamuro (Scénario,Dessin)
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Avis et notes

L'œuvre est une horreur qui ne se contente pas d’effrayer, mais questionne la contamination de l’identité collective.
Le scénario se révèle globalement satisfaisant, mais présente également quelques faiblesses : certains développements sont trop rapides, voire expédiés. Il est vrai que l’auteur concentre la résolution sur un nombre limité de chapitres—on sent la volonté d’un final compact—et cela donne l’impression que certains enjeux secondaires ne reçoivent pas toute l’attention qu’ils méritaient. Toutefois, ce compromis se justifie par une cohérence de ton : la série a toujours revendiqué une forme d’épure cauchemardesque.
Dans ce volume final, les plans de foule et d'invasion prennent une ampleur visuelle impressionnante ; certains critiques japonais saluent cette montée en « échelle visuelle », même s’ils regrettent l’absence de scènes réellement longues ou contemplatives. Le rythme reste vif, à l’image d’un film d’horreur efficace plutôt que d’un drame lent et psychologique.
La relation entre Sato et Shibata, cœur de la série, a droit à un dernier tour poignant : l’auteur choisit de placer leur amitié au centre de l’apocalypse, comme s’il s’agissait non seulement de survie, mais de l’affrontement entre deux visions du monde. Cela donne une belle charge émotionnelle — d’autant plus que la série n’avait pas toujours mis l’émotion au premier plan.
Concernant la fin elle-même, on peut dire qu’elle est audacieuse : pas vraiment un happy end conventionnel, mais une conclusion qui parle de résilience et de sacrifice, tout en laissant quelques zones d’ombre. Cela reflète bien l’esprit des mangas d’horreur japonais qui n’apportent pas toutes les réponses. Toutefois, quelques lecteurs regrettent que certains fils narratifs – notamment les origines des Shibata ou le comment du plan global – restent partiellement voilés. Cela ne nuit pas à l’expérience, mais peut laisser un sentiment de « fin ouverte ».
Enfin, sur le plan de l’impact global : ce tome 5 donne l’impression que l’œuvre a trouvé son triangle d’efficacité — horreur, métaphore sociale, et interrelation humaine. Si l’on a critiqué les volumes précédents pour des passages « brouillons », ici l’auteur semble avoir tiré pleinement parti de son concept. Néanmoins, on peut regretter que l’ambition n’ait pas été poussée davantage, que certaines scènes « pivots » ne soient pas plus étendues, ou que certains personnages secondaires ne soient pas développés plus profondément.
Ce dernier volume est un final solide, un peu inégal sur certains détails, mais globalement satisfaisant pour quiconque apprécie les récits d’horreur au ton sombre et métaphorique. Il conclut la série avec panache, tout en conservant ce petit je-ne-sais-quoi de perturbant.

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