The bugle call tome 4
Mozoku Sora (Scénario) |
Higoro Toumori (Dessin)
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Dès l’ouverture du tome, le siège de Limoges s’impose comme une séquence marquante : non seulement pour la violence brute des affrontements, mais pour la stratégie déployée par Luka et ses alliés. Les auteurs évitent le manichéisme simpliste ; la puissance de la Miroitante, ses miroirs, ses défenses, ce qu’elle représente — tout cela est présenté avec nuance et respect. Elle n’est pas qu’un adversaire : son passé, ses blessures, ses regrets apparaissent, ce qui la rend autant fascinante qu’éprouvante.
Zoé, quant à elle, devient l’un des pivots du volume : à la fois arme redoutable et personnage vulnérable. Le conflit n’est pas que militaire, mais moral, psychologique. Luka est confronté à un dilemme : user de la puissance de Zoé pour écraser l’ennemi, sachant que cela la mettrait en danger, ou reculer pour préserver son humanité. Ces tiraillements sont présentés sans fausse complaisance, sans effet dramatique forcé — un signe de maturité dans la narration.
Visuellement, Higoro Tômori fait encore des merveilles. Les planches sont travaillées, les angles de vue judicieux, les jeux de lumière et d’ombre — notamment autour des miroirs de la Miroitante — saisissants. Les moments de calme sont aussi soignés que les scènes de chaos : le contraste sert le récit, et donne du relief à l’ensemble. Le découpage comme les cases respirent, malgré l’intensité des combats.
Si l’on devait émettre quelques réserves, ce serait peut-être sur le rythme : certaines révélations auraient mérité plus d’étirement afin de laisser le lecteur digérer la portée des événements. Aussi, certains personnages secondaires restent encore un peu en marge, moins fouillés, ce qui renforce le désir de voir les tomes suivants creuser davantage leur psychologie.
Mais au final, ce tome 4 remplit pleinement ce qu’on attendait : intensifier le conflit, complexifier les personnages, pousser les pouvoirs à leurs limites, tout en maintenant un équilibre entre spectacle et émotion. Le cliffhanger final est puissant sans être frustrant : il donne l’envie irrépressible de connaître la suite. On sent que la série est désormais bien installée, prête à monter d’un cran.
C'est un excellent volume, qui élève la série au-dessus de la moyenne de la dark fantasy. Il allie grand spectacle, finesse dans le traitement des personnages, et une mise en scène qui impressionne. Pour les amateurs du genre, c’est une lecture indispensable — mais aussi pour ceux qui aiment que la guerre ne soit pas seulement bruit et sang, mais dilemmes, émotions, et humanité.
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