Abélard, les errances de trois voyageurs solitaires
Régis Hautière (Scénario) |
Renaud Dillies (Dessin)
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La personnalité négative et terre-à-terre d’Alvin est l’exact opposé du caractère romantique et mélancolique d’Abélard.
Ce qui lie les deux personnages et les deux diptyques, c’est le bourru Gaston rencontré par hasard dans une taverne malfamée.
Cet ours mal léché, loin du rêveur qu’est Abélard, va accompagner notre caneton en Amérique, tels deux migrants traversant l’Atlantique sur un bateau de fortune.
Puis, dans le second diptyque, Gaston et Alvin, tels deux pionniers, sont prêts à traverser le continent américain pour que le petit orphelin puisse retrouver une famille qu’il ne connaît pas, celle de son grand-père paternel.
Même si les deux histoires sont bien différentes, on ressent une unité d’ensemble, grâce à des thèmes récurrents et habilement distillés (immigration, racisme, fanatisme, solitude, cruauté, abandon, prostitution, esclavage, amour, amitié, fraternité, humanisme, poésie…), et grâce, aussi, à des dialogues truculents et qui sonnent justes.
Le graphisme de Renaud Dillies n’est pas en reste : son trait, simple d’apparence, est sensible, envoûtant et enchanteur, donnant chair à des personnages charismatiques.
Cette belle brochette de caractères anthropomorphes est savamment mise en valeur par une ambiance colorée superbement réalisée à l’aquarelle sur un papier à grain texturé.
Chapeau bas, Messieurs Hautière et Dillies, vous nous avez décrochés la lune.

La première partie, portée par l’idéalisme d’Abélard, possède une mélancolie particulièrement touchante, tandis que le diptyque consacré à Alvin adopte un ton plus âpre, sans perdre cette dimension profondément humaine. Le choix de faire de Gaston le trait d’union entre ces deux récits fonctionne remarquablement bien : son évolution donne une vraie cohérence à l’ensemble et permet aux auteurs de confronter différentes visions de l’existence.
Régis Hautière soigne des dialogues à la fois drôles et philosophiques, tandis que Renaud Dillies accompagne cette sensibilité d’un dessin tout en rondeurs, magnifié par des couleurs délicates.
Quelques passages paraissent parfois un peu appuyés, mais l’émotion reste sincère et durable.
Une très belle intégrale !
La première partie, portée par l’idéalisme d’Abélard, possède une mélancolie particulièrement tou…
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