Sorcières tome 2
La loi impose 3€ minimum de frais de port pour les commandes de livres neufs de moins de 35€.
Au delà, les frais de port ne peuvent être gratuits.
Comme nous ne pouvons pas vous offrir les frais de port, nous les offrons à l'association Enfance & Partage qui défend les enfants maltraités.
Toutes les éditions
Retrait en librairie

Détails
Avis et notes

Le premier récit du volume met en scène un fragment d’univers face à un artefact cosmique : le mystère de la « pierre » suscite un questionnement quasi métaphysique. Igarashi joue avec l’échelle : du minuscule à l’infini, de l’enfant à la forêt, de la peur à l’acceptation. Le trait se fait plus ample, les textures se complexifient : l’artiste n’hésite pas à saturer les cadres de feuilles, de bois, de matière, comme pour solliciter les sens plutôt que la logique. Le lecteur est invité à ressentir plus qu’à suivre.
Le deuxième récit prend un ton plus flottant, presque contemplatif : une jeune femme embarque vers un ailleurs incertain, à la rencontre d’une femme énigmatique. Le cadre est moins oppressif, la magie moins agressive, mais tout aussi dérangeante dans son calme. Igarashi montre comment la différence — entendre ce que les autres ne perçoivent pas, voir ce qui n’est pas immédiatement visible — peut devenir une puissance. La sorcière devient celle qui écoute la terre, la mer, le souffle des vieux arbres.
À travers les deux histoires, le diptyque interroge notre rapport à l’épuisement de la nature, à la perte des savoirs anciens, à l’isolement de celles et ceux qui perçoivent autrement. L’écologie n’y est pas délivrance facile, mais appel à vigilance. L’ambiance oscille entre merveilleux rugueux et mystère intérieur : une tonalité typique d’Igarashi, où l’esthétique devient acte politique et spirituel à la fois.
Visuellement, ce tome confirme l’aura singulière de l’auteur : son trait mêle réalisme minutieux et rêverie hallucinée, ses pages font écho à des gravures anciennes autant qu’à des visions de fin de monde. Le découpage se raréfie parfois au profit de larges pleines-pages silencieuses, laissant l’œil errer et l’imaginaire respirer. La lecture devient lente, presque méditative.
Cependant, ce parti pris a aussi ses limites. Le flou narratif peut en rebuter certains : peu de réponses, beaucoup de suggestions. Le rythme n’est pas celui d’un «manga commercial» ; il faut accepter d’errer dans l’atmosphère plutôt que d’être transporté par l’intrigue. On pourra regretter que certains fils dramatiques restent suspendus, que l’on manque peut-être d’un «cœur» qui remue de façon conventionnelle.
Mais c’est précisément ce choix qui donne au volume sa force : il ne cherche pas à plaire, mais à troubler, à éveiller. En refermant ce dernier tome, on ressent l’écho d’une œuvre complète qui ne se termine pas tant qu’elle continue à résonner après la lecture. Le titre interroge le rapport au féminin, à la marginalité, au savoir que les sociétés ont rejeté — et révèle en creux l’urgence de redonner voix à celles qui voient autrement.
Un final remarquable pour ce diptyque : exigeant, beau, dérangeant. Il ne clôt pas tant qu’il ouvre un espace intérieur. Pour qui accepte d’entrer dans le monde d’Igarashi, il laisse une empreinte durable : non pas une histoire simple à raconter, mais un état à vivre.

La loi impose 3€ minimum de frais de port pour les commandes de livres neufs de moins de 35€.
Au delà, les frais de port ne peuvent être gratuits.
Comme nous ne pouvons pas vous offrir les frais de port, nous les offrons à l'association Enfance & Partage qui défend les enfants maltraités.
Dans la même serie
Du même auteur
Dans le même genre





















