Sakamoto days tome 23
Yûto Suzuki (Scénario, Dessin)
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Avis et notes

Le passé de Shin occupe le devant de la scène, avec des retrouvailles paternelles qui ont tout d’un rendez-vous manqué.
Face à son père, le jeune garçon encaisse des paroles d’une cruauté glaçante, sans comprendre immédiatement ce qui se dissimule derrière ce rejet.
J’aime cette façon qu’a Yuto Suzuki de jouer avec les apparences et de nous faire reconsidérer un personnage à mesure que les pièces du puzzle s’assemblent.
Car derrière la brutalité, il y a ici une histoire de filiation, de regrets et d’amour incapable de s’exprimer autrement que dans la douleur.
Et lorsque le danger éclate, les actes prennent une importance que les mots ne pourront jamais égaler.
En parallèle, Sakamoto doit trouver une solution pour empêcher l’explosion d’un paquebot : le compte à rebours est lancé, et l’imagination du bonhomme fait encore des merveilles.
C’est précisément dans ces situations impossibles que je retrouve ce qui me plaît tant dans la série : une inventivité débridée, un sens du mouvement exceptionnel et cette capacité à rendre spectaculaire la moindre confrontation.
Suzuki ne cherche pas à faire dans la demi-mesure, et je ne vais certainement pas lui reprocher !
Mais ce volume ne se contente pas de refermer une parenthèse émotionnelle.
Le récit revient au présent et prépare une rupture autrement plus inquiétante : l’apparition d’une Nouvelle Association des tueurs.
Les rapports de force se recomposent, les alliances deviennent suspectes et ce qui ressemblait encore à une lutte entre individus menace désormais de faire vaciller tout un système.
J’apprécie cette ambition, même si je reste curieux de voir jusqu’où l’auteur compte pousser cette nouvelle orientation.
Car élargir son univers est une chose ; parvenir à lui conserver toute sa cohérence en est une autre.
Heureusement, Sakamoto Days possède un atout majeur : des personnages dont les trajectoires personnelles donnent du relief à ses affrontements.
Shin en est la meilleure illustration dans ce tome, où son passé éclaire autrement celui qu’il est devenu.
J’y vois aussi une manière de rappeler que les liens qui nous construisent ne sont pas nécessairement ceux du sang, mais parfois ceux que l’on choisit.
Et c’est sans doute ce qui rend certains passages plus touchants qu’ils n’en ont l’air.
Pour autant, je ne suis pas du genre à oublier ce qui fait la force première du manga : son énergie visuelle et son sens de la mise en scène.
Sur ce terrain, Suzuki continue de démontrer une maîtrise redoutable, capable de faire cohabiter émotion, tension et démesure.
Le tome avance ainsi entre révélations intimes et bouleversements collectifs, sans jamais perdre complètement son ADN explosif.
J’en ressors avec la sensation que l’histoire s’apprête à franchir un cap, quitte à prendre des risques dans sa construction.
Tout n’est pas encore joué, mais les pièces se mettent en place et les conséquences promettent d’être considérables.
Un volume charnière, plus important par ce qu’il prépare que par ses seules démonstrations de force, et qui me donne clairement envie de découvrir la suite.
Le passé de Shin occupe le devant de la scène, avec des retrouvailles paternelles qui ont tout d’un re…
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