Your evil past tome 13
Takashi Sano (Scénario,Dessin)

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Avis et notes

Le volume débute comme un murmure : l’arrivée de Sumire Okazaki, qui se dit « la fille de Yûsuke », instille immédiatement une tension discrète plutôt qu’un spectaculaire renversement.
Sano choisit la lenteur — pas par paresse mais par précision : chaque révélation tombe comme une goutte sur une plaque déjà fissurée.
La narration ménage des ellipses calculées ; le lecteur est invité à combler, ressentir, interpréter — une tonalité très prisée dans certaines chroniques japonaises contemporaines.
L’habileté principale du tome réside dans l’équilibre entre exposition et suggestion : on nous donne l’essentiel sans sacrifier le mystère.
Graphiquement, l’auteur joue sur les blancs et les cadres serrés pour traduire le poids du passé ; les visages deviennent des paysages émotionnels.
Certaines pages fonctionnent presque comme des peintures séquentielles : peu de dialogues, beaucoup d’air — et l’air dit parfois plus que les mots.
Les scènes où Sumire raconte ses années manquantes alternent détails prosaïques et fragments troublants, ce qui évite l’écueil de l’excès explicatif.
La psychologie des personnages gagne en profondeur : Akari, confrontée à une vérité partielle, devient le miroir d’un lecteur partagé entre confiance et suspicion.
Sano conserve une économie de moyens qui force à l’attention : gros plans, silences, et répétitions visuelles finement orchestrées.
Le rythme interne du tome est maîtrisé ; la progression dramatique n’est jamais hâtive mais sait se faire pressante quand il le faut.
On sent cependant parfois une hésitation entre désir de clarté et volonté de garder le secret — un tiraillement qui peut frustrer ceux qui veulent des réponses immédiates.
La gestion des seconds rôles est élégante : ils servent de points d’appui, de contrepoids, et enrichissent le sentiment d’une communauté marquée par un passé commun.
La mise en scène de certains flashbacks est réussie — ils ne parasitent pas la linéarité mais la complexifient de façon organique.
Sur le plan thématique, le volume creuse la question de l’identité : qui sommes-nous quand nos récits ont été fragmentés ?
La violence du passé n’est pas exhibée ; elle est insinuée, parfois suggérée par un cadrage, parfois par un silence qui hurle plus fort que n’importe quelle scène explicite.
Le dessin, volontiers épuré, sait se faire brutal quand il s’agit de faire sentir la blessure ; cette alternance stimule l’empathie sans en faire trop.
Quelques choix narratifs auraient mérité d’être plus audacieux — principalement vers la fin, où l’équilibre entre révélation et mystère devient délicat.
Pour autant, la cohérence de l’ensemble tient : le tome 13 confirme que la série privilégie la profondeur psychologique à l’effet de manche.
Les lecteurs attachés à une intrigue serrée trouveront peut-être le tempo trop retenu ; les amateurs d’atmosphère et d’intériorité y trouveront au contraire sa plus grande force.
Au final, ce treizième volume se lit comme une longue exhalation : il ne répond pas à toutes les questions, mais il change la nature de celles qui restent.
Sano prouve qu’il maîtrise la tension diffuse, celle qui s’installe après la lecture et qui continue de travailler le lecteur.
Tome indispensable pour qui suit la série pour ses ambiances et son étude des personnages — moins indiqué pour qui cherche des certitudes immédiates.
En somme : un volume patient, malin et pensif, qui élargit le mystère sans le dissoudre.
Le volume débute comme un murmure : l’arrivée de Sumire Okaz…

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