Tough (édition double) tome 4
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Avis et notes

Les deux volumes originaux réunis ici racontent pourtant des histoires assez différentes, mais avec une même idée : pour progresser, Keybo doit accepter que la force ne suffit jamais à elle seule.
Tout commence avec Kaneda, dont le fameux coup censé mettre n’importe quel adversaire hors de combat oblige Keybo à revoir complètement son approche.
La préparation avec Kuroda apporte d’ailleurs une vraie tension, parce que l’affrontement dépasse rapidement le simple duel entre deux combattants.
Kuroda va en faire les frais de manière particulièrement brutale.
Et c’est justement là que Tough fonctionne le mieux : derrière les démonstrations martiales, Saruwatari sait encore faire exister les personnages.
Keybo ne se bat plus seulement pour gagner.
Il porte désormais quelque chose qui vient des autres, et son affrontement avec Kaneda prend alors une dimension beaucoup plus personnelle.
Le combat est évidemment spectaculaire, mais ce qui me plaît surtout, c’est cette façon de transformer chaque technique en problème à résoudre.
On n’est pas dans une simple succession de coups toujours plus puissants : il faut comprendre l’adversaire, encaisser, s’adapter et trouver la faille.
Puis le récit bifurque brutalement vers Iron Kiba.
Et là, Saruwatari sort une nouvelle carte de sa manche avec Takaishi Yoshiki.
Le personnage débarque comme une anomalie totale : ancien catcheur banni du milieu, surnommé « l’homme qui mange les hommes », et suffisamment dangereux pour que son simple nom fasse changer l’atmosphère.
Ce qui est assez fascinant, c’est que Tough commence déjà à construire cette galerie de monstres qui deviendra l’une des marques de fabrique de la série.
Yoshiki n’a pourtant pas besoin de quinze pages d’explications pour imposer sa présence.
Il suffit de quelques scènes, d’une violence complètement décomplexée et de cette manière qu’a Saruwatari de dessiner des corps qui semblent capables de supporter absolument n’importe quoi.
Iron Kiba, lui, devient progressivement le véritable centre de gravité de cette seconde partie.
Sa décision de prendre sa retraite et de choisir comme dernier adversaire celui qui aura vaincu le clan Naru-Shinkage donne au récit un parfum de passage de témoin.
Et c’est là que ce tome devient particulièrement intéressant pour la suite : Keybo n’est plus simplement le jeune prodige qui cherche à prouver sa valeur.
Il commence à se retrouver au milieu d’un monde beaucoup plus vaste que lui.
Entre Kaneda, Kuroda, Kiba et Yoshiki, Saruwatari élargit considérablement son terrain de jeu.
Les combats restent démesurés, parfois franchement absurdes, mais il y a déjà cette identité très particulière de Tough : un mélange de brutalité, de sérieux martial et de situations complètement improbables.
J’aime surtout cette période de la série parce qu’elle possède encore une vraie fraîcheur.
Avant que Tough ne devienne une gigantesque machine à surenchère, il y a ici quelque chose de plus direct, presque sauvage.
Et quand Yoshiki entre en scène, on comprend que Keybo n’a clairement pas fini de prendre des coups.
Un excellent tome double, qui fait passer la série d’un simple manga de baston à une véritable saga de combattants.
Les deux volumes originaux réunis ici racontent pourtant des histoires assez différentes, mais avec une même idée : pour progresser, Keybo doit acce…
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