Coq de baston - Rooster Fighter tome 10
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Tsumegaki n’est plus une menace abstraite : il traque Keiji et sa bande avec une obstination qui donne enfin à leur fuite un vrai sentiment d’urgence.
Pour lui échapper, direction les profondeurs de la forêt d’Aokigahara, et surtout un lieu d’entraînement dont le simple accès ressemble déjà à une épreuve.
Sakuratani aurait pu se contenter d’enchaîner les combats de coqs surdimensionnés, mais il choisit ici de faire évoluer son univers.
Et c’est probablement ce qui rend ce tome plus intéressant qu’il n’en a l’air.
Le récit prend le temps de revenir sur Morio et Piyoko, avec cette étonnante capacité à rendre touchant un personnage qui ressemble pourtant à une montagne de muscles prête à tout défoncer.
Puis le manga replonge dans son registre favori : des créatures improbables, des affrontements démesurés et une mise en scène qui prend chaque coup beaucoup trop au sérieux.
C’est justement ce décalage qui fait toujours le charme de la série.
Un coq reste un coq, même lorsqu’il se retrouve au milieu d’un récit qui commence furieusement à ressembler à un grand shōnen de baston.
Mais quelque chose change ici.
L’humour n’est plus seulement là pour faire rire : il sert aussi à désamorcer une histoire qui devient progressivement beaucoup plus ambitieuse.
La forêt, les cavernes volcaniques et ce lieu scellé donnent au manga une atmosphère presque mystique.
On sent que les secrets autour des Goshikidori et des pouvoirs de Keiji sont loin d’avoir livré toutes leurs cartes.
Et surtout, l’auteur prépare ses personnages à affronter un adversaire qui semble appartenir à une autre catégorie.
Tsumegaki impose ainsi une pression nouvelle sur le récit, beaucoup plus inquiétante que les traditionnels kijû expédiés à coups de bec.
J’aime particulièrement cette manière qu’a Sakuratani de faire passer Rooster Fighter du gag improbable au pur manga de baston sans jamais abandonner son idée de départ.
Le dessin accompagne parfaitement cette évolution : les combats ont une vraie brutalité, tandis que les animaux conservent cette expressivité presque absurde qui empêche le sérieux de devenir pesant.
Le tome 10 fonctionne donc moins comme un aboutissement que comme un sas avant quelque شيء de beaucoup plus gros.
Il y a certes quelques passages d’entraînement qui sentent le passage obligé du shōnen, mais l’auteur les détourne suffisamment pour éviter la routine.
Et puis il reste Keiji, toujours aussi incapable de faire les choses à moitié, ce qui est probablement sa meilleure qualité comme son principal défaut.
Rooster Fighter ne cherche désormais plus seulement à être « le manga avec un coq qui tabasse des monstres ».
Il construit réellement son propre univers, avec ses clans, ses pouvoirs, ses mystères et ses enjeux.
Ce dixième volume est donc une étape de transition, mais une transition qui donne franchement envie de voir jusqu’où Sakuratani compte pousser son délire.
Parce qu’à ce stade, le plus inquiétant n’est peut-être même plus Tsumegaki : c’est de découvrir jusqu’où un simple coq peut encore aller.
Tsumegaki n’est plus une menace abstraite : il traque Keiji et sa bande avec une obstination qui donne enfin à leur fuite un vrai sentiment d’urgence.
Po…
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