Pet - remastered édition tome 2
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Avis et notes

Là où le premier volume posait les règles, celui-ci s’intéresse davantage aux dégâts qu’elles provoquent chez ceux qui les utilisent.
Tsukasa est clairement au centre de cette évolution.
Son rapport avec Hayashi prend une tournure particulièrement dérangeante, entre admiration, dépendance et véritable haine.
Ce qui pourrait ressembler à un simple lien entre deux personnages devient progressivement quelque chose de beaucoup plus viscéral.
Et c’est là que Miyake Ranjō frappe fort.
Elle ne raconte jamais ses personnages comme de simples victimes ou de simples bourreaux.
Tsukasa peut être bouleversant une page et franchement inquiétant quelques cases plus loin.
La confrontation avec Hayashi donne d’ailleurs au tome certaines de ses séquences les plus tendues.
On ne se bat pas avec des poings : on se bat directement avec les souvenirs, les traumatismes et les émotions.
Le principe pourrait sembler abstrait, mais l’autrice le rend terriblement concret.
Entrer dans l’esprit de quelqu’un revient ici à pénétrer dans un territoire où la moindre faiblesse peut être retournée contre lui.
Hiroki gagne également en importance et révèle une maîtrise de ses capacités qui contraste avec son apparente innocence.
Son lien avec Tsukasa devient l’un des éléments les plus troublants du récit.
Car chez ces personnages, l’affection n’est jamais vraiment saine.
Elle protège autant qu’elle enferme.
Katsuragi, de son côté, laisse entrevoir une part beaucoup plus sombre de l’organisation et de son fonctionnement.
On comprend surtout que ces jeunes capables de manipuler les souvenirs ne sont pas seulement utilisés pour leurs pouvoirs.
Ils sont maintenus dans une dépendance affective qui les rend beaucoup plus faciles à contrôler.
C’est probablement ce qui rend Pet aussi inconfortable.
La manipulation mentale n’est finalement que la partie visible du problème.
Le véritable poison se trouve dans les liens qui unissent les personnages.
Même lorsque certains cherchent à se libérer, ils restent prisonniers de ceux qui leur ont permis de survivre.
Et plus le récit avance, plus la frontière entre protéger quelqu’un et le posséder devient floue.
Le dessin participe pleinement à cette sensation d’étouffement, avec des passages mentaux volontairement déstabilisants.
Les souvenirs ne sont jamais présentés comme quelque chose de fiable ou d’immuable.
Ils peuvent être déformés, détruits, reconstruits… mais certaines blessures refusent visiblement de disparaître.
C’est cette idée qui donne au tome 2 une vraie puissance émotionnelle.
Pet ne cherche pas à nous rassurer : il nous enferme dans la tête de personnages profondément abîmés.
Un deuxième tome plus sombre, plus intime et surtout plus cruel.
Et quand arrive la dernière partie, une seule envie domine : comprendre jusqu’où cette histoire va pouvoir aller.
Là où le premier volume posait les règles, celui-ci s’intéresse davantage aux dégâts qu’elles provoquent chez ceux qui les utilisent.
Tsukasa…
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