Rokudenashi blues tome 21
Masanori Morita (Scénario,Dessin)
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Avis et notes

Dès les premières pages, la tension s’installe. Le calme trompeur des débuts ne fait que souligner la déflagration à venir : l’alliance des « quatre rois célestes » et de Maeda contre l’armée du Kyokutō transforme le décor habituel de la cour d’école en véritable champ de bataille. Morita orchestre cette montée dramatique avec un sens aigu du rythme : il ralentit le récit avant chaque impact, s’attarde sur un regard, un souffle, un silence. Son trait, toujours nerveux, semble ici animé d’une gravité nouvelle. Les cadrages resserrés et les cases blanches imposent une respiration presque cinématographique entre deux vagues de fureur.
Mais le cœur du volume ne réside pas dans la simple confrontation physique. Kawashima n’est pas un antagoniste unidimensionnel : sa vengeance est motivée par la douleur, son combat par la culpabilité. Morita en fait un miroir sombre de Maeda, un jeune homme perdu dans une idée tordue de la justice fraternelle. Ce jeu de reflets entre les deux chefs donne à l’affrontement une profondeur morale rare dans un manga de baston. Le lecteur ne sait plus s’il assiste à une guerre de gangs ou à un drame humain sur la loyauté, l’honneur et la trahison.
Ce tome parvient à un équilibre subtil entre rage et mélancolie. La violence, omniprésente, n’est jamais gratuite : elle dévoile les fissures des personnages, leur peur, leur solitude. Les « petits soldats » du Kyokutō ne sont pas de simples figurants ; on ressent leur trouble, leurs hésitations face à l’ordre absurde de la vengeance. Tout le volume semble interroger la valeur même de ces combats qui, autrefois, servaient à s’affirmer, mais qui ici deviennent une machine à détruire.
Morita exploite au maximum la symbolique de l’espace : le lycée devient une forteresse, les couloirs se changent en tranchées, et chaque escalier marque une étape vers la perte ou la rédemption. Dans cette ambiance de siège, Maeda apparaît non plus comme un simple bagarreur, mais comme un leader accablé, conscient que la victoire aura un prix. L’honneur, thème central de Rokudenashi Blues, se teinte d’amertume ; il n’y a plus de héros, seulement des jeunes gens essayant de survivre à leurs erreurs.
La conclusion du volume laisse le lecteur suspendu dans un mélange d’exaltation et d’inquiétude. Rien n’est vraiment résolu, mais tout semble déjà écrit : le sang versé, les blessures morales, les liens brisés. On sent que cet arc marque un tournant décisif, la fin d’une innocence adolescente. Morita atteint ici une maturité rare : derrière la brutalité des coups, il dessine une véritable tragédie sociale, celle de garçons prisonniers d’un code d’honneur trop lourd pour eux.
Sans doute l’un des volumes les plus denses et les plus puissants de la série, ce tome 21 s’impose comme le cœur battant de Rokudenashi Blues. Il dépasse la simple histoire de baston pour devenir une méditation sur la perte, la fierté et la fraternité. Une œuvre de rage et de lucidité, où chaque coup de poing résonne comme un aveu.


Dans ce volume, les affrontements restent intenses et spectaculaires, avec ce mélange très reconnaissable de violence brute et d’exagération typique du manga. Mais ce qui frappe surtout, c’est la dimension humaine : l’honneur, la loyauté et le sens des responsabilités prennent autant de place que les coups de poing. Taison apparaît moins comme un voyou impulsif et davantage comme un leader naturel, prêt à assumer les conséquences de ses actes.
Les personnages secondaires gagnent aussi en épaisseur, renforçant l’idée de groupe et de fraternité qui est au cœur de Rokudenashi Blues. L’humour, toujours présent, allège la tension sans jamais casser le sérieux des enjeux, ce qui rend la lecture très fluide.
Graphiquement, Morita est au sommet de son art : les scènes de combat sont lisibles, percutantes, et les expressions faciales transmettent parfaitement la rage, la peur ou la détermination.
La loi impose 3€ minimum de frais de port pour les commandes de livres neufs de moins de 35€.
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