Banana fish - perfect edition tome 7
Akimi Yoshida (Scénario,Dessin)
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Avis et notes


Cette bascule confère au tome une densité étouffante. À mesure que la vérité se dévoile, l’étau se resserre autour d’Ash Lynx, dont la colère se mue en lucidité tragique. Le récit épouse alors une logique profondément ancrée dans certaines narrations japonaises : le crime n’est jamais isolé, il s’inscrit dans un système plus vaste, presque inévitable.
La construction narrative fragmente l’action entre plusieurs lieux — la demeure de Dawson, les sphères d’influence des Lee, les rues de New York — instaurant une désynchronisation dramatique. Chaque faction agit selon ses propres intérêts, sans jamais percevoir l’ensemble du tableau, renforçant l’impression d’une fatalité en marche.
L’introduction et le développement de Yut-Lung ajoutent une dimension supplémentaire. Personnage insaisissable, il oscille entre vulnérabilité et manipulation, incarnant cette figure du masque chère aux antagonistes tragiques japonais. Sa présence installe une tension feutrée, plus inquiétante que la violence directe.
Mais le véritable point de rupture émotionnelle réside dans le destin de Shorter Wong. La scène clé le concernant est traitée avec une retenue remarquable : peu de mots, peu d’effets, mais un silence chargé de sens. Ce choix narratif accentue la violence du moment et brise irrémédiablement l’équilibre affectif du récit.
Le tome développe également une réflexion sur le contrôle sous toutes ses formes : du corps, à travers la drogue, des individus, par la peur, et des relations, par la manipulation. Banana Fish devient alors une métaphore du pouvoir absolu, capable d’annihiler toute volonté.
Enfin, la conclusion, marquée par la capture d’Ash et la destruction des preuves dans les flammes, installe un sentiment d’irréversibilité. Le récit franchit un seuil à partir duquel aucun retour en arrière n’est possible.
Ce volume ne cherche pas le spectaculaire, mais construit une descente méthodique vers l’inéluctable. En levant le voile sur ses propres mécanismes, le manga abandonne une part de son mystère, mais gagne en profondeur tragique. C’est dans cette tension entre révélation et perte que Banana Fish atteint ici une puissance narrative remarquable.
La loi impose 3€ minimum de frais de port pour les commandes de livres neufs de moins de 35€.
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