PTSD radio tome 3
Masaaki Nakayama (Scénario,Dessin)
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Avis et notes

La structure discontinue évoque les ondes d’une radio hantée. Le signal est parfois clair, parfois parasité, mais jamais totalement déchiffrable. Cette ambiguïté devient la force narrative du volume. L’auteur ne cherche pas à effrayer avec des sursauts faciles, mais à installer une angoisse rampante, qui naît dans les silences, les visages figés, les regards absents.
Graphiquement, Nakayama frôle l’hyperréalisme sans y céder totalement. Il préfère les textures granuleuses, les traits crispés, les arrière-plans suintants de tension. Les visages se décomposent sous le poids d’un traumatisme invisible. L’horreur n’est pas montrée, elle est ressentie. On y retrouve une esthétique proche de la peinture japonaise ancienne, transfigurée par un imaginaire moderne du malaise.
Le tome 3 s’enracine plus profondément dans le folklore, en particulier à travers les figures du cheveu vivant et de l’obsession post-mortem. Le cheveu, motif récurrent, agit comme un vecteur entre les époques et les âmes. Il ne s’agit pas d’un simple symbole, mais d’un fil organique, presque vivant, reliant les victimes entre elles.
J'ai bien aimé la parenthèse proposée par l'auteur sur sa propre expérience paranormale. J'ai bien failli tomber dans son piège... Je ne vous en dis pas plus pour ne pas spoiler !
Ce volume ne donne toujours pas de réponse, mais il trace une spirale narrative oppressante. À la manière de certaines œuvres de cinéma expérimental japonais, l’incompréhension devient expérience. Nakayama impose une temporalité éclatée, où passé et présent se confondent, renforçant l’idée d’un mal qui ne meurt jamais.
Ce troisième opus confirme que PTSD Radio n’est pas un manga d’horreur ordinaire, mais une œuvre atmosphérique, presque rituelle. C’est une incantation visuelle contre l’oubli des peurs archaïques. Et ce tome, en particulier, semble murmurer à l’oreille du lecteur — un souffle froid, irrationnel, mais impossible à ignorer.

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