L'histoire vraie derrière le tableau : une enfant face aux regards du monde
En mars 1593, l'Italie découvre un tableau stupéfiant, le portrait d'une jeune fille en habit noble et au visage couvert de poils. Le jeune modèle s'appelle Antonia Gonsalvus, dite Tognina. Atteinte d'hypertrichose, une maladie méconnue à l'époque, Tognina qui n'a guère plus de 13 ans, souffre d'une pilosité excessive. « Offerte » à la marquise Donna Isabella Pallavicina, comme jadis son père fut offert à la cour d'Henri II, Tognina grandit sous la tutelle de sa maîtresse et des regards du monde.
Enfermée dans un rôle qu'elle n'a jamais choisi, perçue tour à tour comme une curiosité ou une bête sauvage, Tognina sait que son visage est sa prison. Pourtant quand la peintre Lavinia Fontana lui demande de poser pour elle, Tognina accepte... À une époque où la beauté est jugée l'apanage du divin, Lavinia cherche-t-elle à dépasser les apparences ? Espère-t-elle toucher l'âme de son sujet ou rendre l'humanité, que les hommes, l'Église et la société ont refusée à cette enfant ? Durant les longues heures de travail que nécessite ce portrait, une complicité va naître et peu à peu, entre la femme admirée et la jeune fille rejetée, va se tisser un lien profond. Derrière les apparences, Lavinia découvre bientôt un être sensible et intelligent. Mais une toile suffira-t-elle à réconcilier Tognina avec sa nature ? Dans un univers où le monstre n'est pas celui que l'on croit, cette oeuvre va révéler les peurs et les superstitions, le désespoir et l'hypocrisie. Ce qui devait n'être qu'une commande mondaine pourrait devenir une rencontre décisive qui va bouleverser à jamais le destin des deux femmes aux prises avec les conventions de l'époque, le regard de Dieu et celui des hommes...
Après Les Yeux Doux, le duo Corbeyran & Michel Colline nous plonge dans la genèse d'une oeuvre conservée aujourd'hui au musée des Beaux-Arts de Blois. À travers cette fiction historique qui revient sur l'existence de Tognina, atteinte d'hypertrichose, les auteurs soulèvent des thématiques fortes et universelles comme la liberté, la foi ou la justice. Un album délicat, émouvant et plein d'humanité, qui aborde en toile de fond la place des femmes et le rôle de la peinture.
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Beaucoup de finesse et de subtilités dans le dessin, tout au service d'une histoire qui peut faire penser à d'autres... mais si bien écrite, intelligente, sensible ! C'est très émouvant, et fait réfléchir sur le thème de la différence, de la représentation des choses et des êtres...
Beaucoup de finesse et de subtilités dans le dessin, tout au service d'une histoire qui peut faire penser à d'autres... mais si bien écrite, intelligente, sensible ! C'est très émouvant, et fait réfléchir sur le thème de la différence,…
BDCAF'mag
Publié le
5/5
Que reste-t-il de nous lorsque le regard des autres nous a déjà condamnés ? C’est la question bouleversante que pose Tognina, récit inspiré d’Antonia Gonsalvus, jeune fille atteinte d’hypertrichose dans l’Italie du 16ᵉ siècle. Son visage couvert de poils fascine autant qu’il effraie. Aux yeux du monde, elle devient une curiosité, une anomalie, presque une créature avant d’être une enfant. Comme son père Pedro, autrefois offert à la cour d’Henri II comme un animal exotique avant que l’on découvre son intelligence et sa sensibilité, Tognina porte le poids d’une différence transformée en spectacle. Le plus douloureux n’est peut-être pas d’être différente, mais de finir par croire au reflet déformé que les autres vous renvoient. Sa rencontre avec la peintre Lavinia Fontana ouvre une brèche. L’artiste ne cherche pas à corriger son visage dans sa peinture mais à révéler ce que personne ne prend le temps de voir. Dans une époque où la beauté est associée au divin, Tognina interroge Dieu lui-même : si elle est une erreur, de qui est-elle l’erreur ? Peu à peu, le récit renverse la question. Peut-être que l’épreuve n’est pas celle de celui qui porte la différence, mais celle de ceux qui la regardent. Qui est réellement aveugle ? Celui dont le visage dérange ou celui qui ne sait plus reconnaître une âme derrière des traits ? Avec délicatesse, Eric Corbeyran et Michel Colline signent une œuvre sur la discrimination, la foi et la dignité. Une histoire où la peinture devient réparation : elle ne change pas Tognina, elle change notre manière de la voir.
Que reste-t-il de nous lorsque le regard des autres nous a déjà condamnés ? C’est la question bouleversante que pose Tognina, récit inspiré d’Antonia Gonsalvus, jeune fille atteinte d’hypertrichose dans l’Italie du 16ᵉ siècle. Son visa…
Jean-Michel Gouin de Comixtrip
Publié le
4/5
Un album délicat et sensible qui nous rappelle que la beauté se cache parfois là où on ne l’attend pas…
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J. Milette de BDGest
Publié le
4/5
L’album est réalisé avec une belle économie de couleurs, beaucoup de bleu pâle et de rose, parfois rehaussés d’un agréable trait charbonneux, notamment pour densifier les séquences nocturnes.
Jean-Michel Gouin de Comixtrip
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4/5
Un album délicat et sensible qui nous rappelle que la beauté se cache parfois là où on ne l’attend pas…
BDCAF'mag
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5/5
Que reste-t-il de nous lorsque le regard des autres nous a déjà condamnés ? C’est la question bouleversante que pose Tognina, récit inspiré d’Antonia Gonsalvus, jeune fille atteinte d’hypertrichose dans l’Italie du 16ᵉ siècle. Son visage couvert de poils fascine autant qu’il effraie. Aux yeux du monde, elle devient une curiosité, une anomalie, presque une créature avant d’être une enfant. Comme son père Pedro, autrefois offert à la cour d’Henri II comme un animal exotique avant que l’on découvre son intelligence et sa sensibilité, Tognina porte le poids d’une différence transformée en spectacle. Le plus douloureux n’est peut-être pas d’être différente, mais de finir par croire au reflet déformé que les autres vous renvoient. Sa rencontre avec la peintre Lavinia Fontana ouvre une brèche. L’artiste ne cherche pas à corriger son visage dans sa peinture mais à révéler ce que personne ne prend le temps de voir. Dans une époque où la beauté est associée au divin, Tognina interroge Dieu lui-même : si elle est une erreur, de qui est-elle l’erreur ? Peu à peu, le récit renverse la question. Peut-être que l’épreuve n’est pas celle de celui qui porte la différence, mais celle de ceux qui la regardent. Qui est réellement aveugle ? Celui dont le visage dérange ou celui qui ne sait plus reconnaître une âme derrière des traits ? Avec délicatesse, Eric Corbeyran et Michel Colline signent une œuvre sur la discrimination, la foi et la dignité. Une histoire où la peinture devient réparation : elle ne change pas Tognina, elle change notre manière de la voir.
Que reste-t-il de nous lorsque le regard des autres nous a déjà condamnés ? C’est la question bouleversante que pose Tognina, récit inspiré d’Antonia Gonsalvus, jeune fille atteinte d’hypertrichose dans l’Italie du 16ᵉ siècle. Son visa…
Thierry
Publié le
4/5
Beaucoup de finesse et de subtilités dans le dessin, tout au service d'une histoire qui peut faire penser à d'autres... mais si bien écrite, intelligente, sensible ! C'est très émouvant, et fait réfléchir sur le thème de la différence, de la représentation des choses et des êtres...
Beaucoup de finesse et de subtilités dans le dessin, tout au service d'une histoire qui peut faire penser à d'autres... mais si bien écrite, intelligente, sensible ! C'est très émouvant, et fait réfléchir sur le thème de la différence,…
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