Une réflexion tendrement ironique d'une muse contemporaine, à la lumière de celles du passé.
Dana vit dans une famille peu aisée. La culture et les médias lui procurent une vision idéalisée de Paris et de ses fascinants artistes. Ne pouvant s'identifier à eux en tant que petite fille, elle s'imagine muse, sublimée par leur art. Face aux difficultés de l'adolescence, elle rêve d'être revalorisée par le regard d'hommes qui percevraient sa sensibilité et son intelligence. Juste après son bac, elle monte à Paris et devient l'égérie de plusieurs artistes avec qui elle tisse des liens qu'elle pense profonds et complices. Mais alors qu'elle fait face au deuil de sa mère et devient un peu moins joyeuse et dévouée, elle est rapidement remplacée par des muses plus jeunes et plus disponibles. À la retraite à peine à 24 ans, elle s'interroge et enquête sur l'histoire des muses qui l'ont précédée. Les artistes aiment-ils vraiment leurs muses ? Pourquoi sont-elles si jeunes ? Et pourquoi diable les histoires de muses finissent-elles si mal, en général ?
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Erell Hannah a le don de mettre les pieds dans le plat. Elle creuse les thèmes actuels avec humour et bienveillance et devrait plaire aux lecteur.ices de Liv Strômquist. On rit jaune de ses observations sociétales, cette fois-ci axées sur le thème des muses.
Avec Maëlle Réat au dessin, c'est une deuxième couche de rire assurée, avec son expressivité débordante et ses mimiques irrésistibles.
Un duo assurément gagnant !
Erell Hannah a le don de mettre les pieds dans le plat. Elle creuse les thèmes actuels avec humour et bienveillance et devrait plaire aux lecteur.ices de Liv Strômquist. On rit jaune de ses observations sociétales, cette fois-ci axées …
BDCAF'mag
Publié le
5/5
Dana, 16 ans et le bac en poche emménage à Paris dans un petit appartement sous les toits et a pour ambition de suivre son projet de vie : devenir muse. Pas d'école pour ça, mais qu'importe, le destin se chargera de la former. Et il s'en charge, en effet, d’abord par le biais de son voisin de palier musicien, puis de quelques autres rencontres et surtout de William, un photographe-philosophe qui lui donne à voir le monde autrement. Pendant huit ans, Dana acquiert toutes les compétences du « métier ». Puis sa mère meurt subitement. Rapidement le regard de William sur elle change. L’impératrice qu’elle était pour lui est déchue et « elle ne le fascine plus ». A 24 ans, Dana est déjà à la retraite. C'est à partir de là que le roman graphique d'Erell Hannah et Maëlle Réat bascule dans et devient une enquête. Dana remonte ainsi le fil de l'histoire des muses qui l'ont précédée. Et ce qu'elle exhume est édifiant : Kiki de Montparnasse, Victorine Meurant, Zelda Fitzgerald, Clara Wieck et bien d’autres, qui avaient toutes en commun d’être bien plus jeunes que « leurs artistes » : Gauguin et Tehura, 48 ans contre 13. Balthus et ses modèles enfants (8 ans). Hamilton et son « flou artistique » si commode pour ranger ses photographies dans la catégorie « érotisme » plutôt que dans celle de « pédopornographie ». Le livre démonte, avec une précision clinique, le mécanisme par lequel les artistes choisissaient des enfants – malléables pour nourrir l'illusion qu'il les « façonnaient de leurs mains » à l’instar d’une œuvre, mais certainement pas d’un être humain. Toutes ces jeunes filles furent invisibilisées, souvent maltraitées et « répudiées » une fois que les artistes avaient obtenu ce qu’ils voulaient d’elles. Un récit qui dénonce les mécanismes d’une prédation glamourisée.
Dana, 16 ans et le bac en poche emménage à Paris dans un petit appartement sous les toits et a pour ambition de suivre son projet de vie : devenir muse. Pas d'école pour ça, mais qu'importe, le destin se chargera de la former. Et il s'…
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BDCAF'mag
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5/5
Dana, 16 ans et le bac en poche emménage à Paris dans un petit appartement sous les toits et a pour ambition de suivre son projet de vie : devenir muse. Pas d'école pour ça, mais qu'importe, le destin se chargera de la former. Et il s'en charge, en effet, d’abord par le biais de son voisin de palier musicien, puis de quelques autres rencontres et surtout de William, un photographe-philosophe qui lui donne à voir le monde autrement. Pendant huit ans, Dana acquiert toutes les compétences du « métier ». Puis sa mère meurt subitement. Rapidement le regard de William sur elle change. L’impératrice qu’elle était pour lui est déchue et « elle ne le fascine plus ». A 24 ans, Dana est déjà à la retraite. C'est à partir de là que le roman graphique d'Erell Hannah et Maëlle Réat bascule dans et devient une enquête. Dana remonte ainsi le fil de l'histoire des muses qui l'ont précédée. Et ce qu'elle exhume est édifiant : Kiki de Montparnasse, Victorine Meurant, Zelda Fitzgerald, Clara Wieck et bien d’autres, qui avaient toutes en commun d’être bien plus jeunes que « leurs artistes » : Gauguin et Tehura, 48 ans contre 13. Balthus et ses modèles enfants (8 ans). Hamilton et son « flou artistique » si commode pour ranger ses photographies dans la catégorie « érotisme » plutôt que dans celle de « pédopornographie ». Le livre démonte, avec une précision clinique, le mécanisme par lequel les artistes choisissaient des enfants – malléables pour nourrir l'illusion qu'il les « façonnaient de leurs mains » à l’instar d’une œuvre, mais certainement pas d’un être humain. Toutes ces jeunes filles furent invisibilisées, souvent maltraitées et « répudiées » une fois que les artistes avaient obtenu ce qu’ils voulaient d’elles. Un récit qui dénonce les mécanismes d’une prédation glamourisée.
Dana, 16 ans et le bac en poche emménage à Paris dans un petit appartement sous les toits et a pour ambition de suivre son projet de vie : devenir muse. Pas d'école pour ça, mais qu'importe, le destin se chargera de la former. Et il s'…
Gaëlle BDfugue
Publié le
5/5
Erell Hannah a le don de mettre les pieds dans le plat. Elle creuse les thèmes actuels avec humour et bienveillance et devrait plaire aux lecteur.ices de Liv Strômquist. On rit jaune de ses observations sociétales, cette fois-ci axées sur le thème des muses.
Avec Maëlle Réat au dessin, c'est une deuxième couche de rire assurée, avec son expressivité débordante et ses mimiques irrésistibles.
Un duo assurément gagnant !
Erell Hannah a le don de mettre les pieds dans le plat. Elle creuse les thèmes actuels avec humour et bienveillance et devrait plaire aux lecteur.ices de Liv Strômquist. On rit jaune de ses observations sociétales, cette fois-ci axées …
La loi impose 3€ minimum de frais de port pour les commandes de livres neufs de moins de 35€. Au delà, les frais de port ne peuvent être gratuits. Comme nous ne pouvons pas vous offrir les frais de port, nous les offrons à l'association Enfance & Partage qui défend les enfants maltraités.